Lettre à Stéphane de Groodt (7)

Mon maître, mon gourou, mon Groodt,

Il est fatiguant de parcourir Cannes à la recherche d'une ombre que je n'ai pas épousée. Oouah ! Excusez-moi, je Baye, c'est qu'il Léotard. Il est minuit et demi exactement. Une petite insomnie qui passait par là ! Encore une overdose de thé ? C'est marrant (si on veut) comme en vieillissant (et oui, j'ai pris un an ferme depuis le mois dernier...) je réagis moins à l'alcool et plus au thé !

Je comprends maintenant pourquoi ils donnent des tisanes aux petits vieux dans les maisons de fin de vie (celles d'après la retraite, la dernière demeure, si t'y restes, t'y meurs !) : ça marche vieux comme Calment (Jeanne de son petit nom !). Ou plutôt ça marche mieux que les calmants. Ou les 2 ... C'est bien connu, c'est avec les vieux calmants qu'on finit "très passé" ! Histoire de ne pas avoir d'avenir et de ne pas voir venir le présent puisque voir venir deux-mains, c'est pas le pied !

Vous cherchant à Cannes, donc, j'ai opté pour une autre méthode. Chercher quelqu'un d'autre pour voir si je le trouvais. Mais il n'est point aisé de rechercher Susan désespérément en m'adonnant aux sports d'Arquette et en buvant de la Rozanna. Mais ça gaze quand même ! Je me sens toute transportée de légèreté avec ces petites bulles. C'est quand elles deviennent toutes colorées que je me dis que ce n'est peut-être pas si naturel que ça. Y aurait-il des champs de cannabis dans le Puy de Dôme ? Les terres volcaniques sont fertiles... Le foisonnement de la nature vaut bien qu'on l'exploite sous toutes les cultures, non messieurs les profit-tueurs ?

Ne trouvant ni Stéphane, ni Susan, ni Doliprane, ni sucre à canne à Cannes (bis !), j'entrepris (littéralement "entre 2 prix") d'installer une cabane (y'a encore des promos chez Casto !) au fond du jardin pour y aller quand j'en aurais besoin... C'est-à-dire pour m'isoler, seule, et réfléchir, profondément, au sens de ma qué-quête (une petite quête, comme une guéguerre quoi !). Quête vaine cave faisant battre mon cœur ? Je m’époumone à faire entendre ma voie, celle de l'écriture ! Pas besoin de paroles, paroles, paroles, ... ni de bla-bla car j'ai zéro tracas à me faire. Un jour ou l'autre, ou celui d'après, ou peut-être une nuit, près d'un lac où je ne me risquerais pas à m'endormir (pour être sûre de ne pas rêver !), enfin à un moment donné, je sais que nous serons réunionnais par la montagne du destin grâce au piston de la foutaise.

Je retourne à la case départ, les poches vides sous les yeux, cernée par un nuage noir : c'est mon café qui fume ! Au milieu des vapeurs d'eau Pium, il me semble que mon insomnie était un vague à l'âme, un vague songe de nuit pas encore d'été, un rêve éveillé qui me rappelle à la cruelle télé-réalité (merde, c'est une redif' des Anges !). Non, Stéphane, je ne vous ai pas encore trouvé. Encore faudrait-il que vous sachiez, si vous ne le savez pas, que je vous cherchasse... Alors, la chasse est ouverte !

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