Lettre à Stéphane de Groodt (14)

Mon maître, mon gourou, mon Groodt

Meyer veut deux beaux nannés. Je n'en ai jamais vu mais si Meyer veut alors il ne faut pas dire non, cela partirait mal heure, c'est-à-dire à la mauvaise heure. Et qui part en retard arrive en mauvais poils. Un mauvais poil est arasé, dans tous les sens. Et si un nannet nu, cela est des honneurs rances, surtout s'il arrive du Poitou le baudet, enfin le nannet. Meyer veut deux beaux nannés ! Sans T, P, de bonne heure avec du travail et de l'argent. Mais aussi avec beaucoup d'humour. Il m'a raconté une drôle d'histoire :

"Le rejeton d'un bûcheron, qui vient de Retjons, a jeûné avant le dîner car il était invité. A travers la vitre, voyant son hôte ôter son heaume dans la chaumière, il se précipita sur la chaudière pour changer l'interrupteur. Mais interrompu dans sa lenteur, la lanterne vacilla puis s’éteint. Celle qui incarnait la lumière de la soirée en fût de chêne toute retournée telle une barrique. On la traita de bourrique, à quoi elle répondit "Je suis Anne du Poitou, maîtresse Dubonné, vous devez alléger mes jambes". Dans le mélange des prises (la fameuse méprise), le fil du bûcheron se hâta sur la hanche et trancha les 2 jambons de la dame. Ces deux morceaux déchus prirent leur jambe sans cou et on les nomma "nannés" en dommage à la dame qui trépassa son chemin très vite mais en carriole tape-cul (qui a donné "cul d'Anne jeté" puis "cul d'jatte" par la suite)... On dit que quiconque les possède connaîtra 365 jours de bonne heure pour n'être jamais en retard ni en mauvais poils..."

Je sais, cette histoire est un peu tirée par les chevaux (je les soupçonne d'avoir inventé tout çà) mais les comptes et les gens sont bien sortis de quelque part entre Paris et Willouby, par ici ou by là, entre gris clair et gris foncé. Tout est question de nu-en-ce monde. Alors que votre ciel soit et clair et par le sol et yeux pour l'nanné à venir.

PS : promis, la prochaine fois je fournis le déco d'heure pour mettre les pendus à l'or.

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