Automne ou ô tome ?

Haut-tome, haut en couleurs, je parcoure tes feuilles jaunies de l'encre de nos pas sages. Feuilles séchées parfois décrépies, feuilles arrachées pour couper court à ta vie, feuilles ramassées pour être à l'accord beille.

Tes feuilles qui tournent et virevoltent dans le vent, tes lignes striées comme dessinées par un enfant, l’irrégularité de ta surface qui protège ton cœur veiné, tu peux tomber dans l’oubli un moment mais jamais pour l’éternité, il y a aura toujours quelqu’un pour te redécouvrir et t’apprécier.

Que tu sois jeune, que tu sois vieux, feuille après feuille, on te découvre. Ligne après ligne, on pénètre jusqu’à ton cœur. Je peux oublier ton nom mais me souvenir de ton histoire. Comme écrit dans le marbre, éternel tu es.

Je pose mon regard sur tes contours. Sans les connaître les yeux fermés, je les devine, les imagine comme toutes les histoires que tu aurais à raconter. Ah, si tu pouvais parler... Tu serais intarissable. Certains t'ont donné leur voix, une voix. Mais cela ne sera jamais comparable au charme et au mystère que tu laisses planer pour nous laisser vagabonder.

Tu as vu Tom Sawyer faire des farces, la vie sauvage reprendre ses droits, les amants de Mayerling s'enlacer sur un banc 5 minutes avec toi en regardant les colombes en plein vol, à 2 au ras du sol... Oui tu nourris notre imagination, notre envie d'évasion, notre soif de nature, notre appétit de connaissances, notre faim de compréhension de ce monde si beau et pourtant si compliqué.


Ô tome, tes feuilles mortes se ramassent à la pelle quand les vieilles portes se fracassent dans la durée. Tu survis, tu nous toises, tu nous snobes, tu te gausses de nous effrayer, tu nous consoles, tu es là ... pas toujours au bon endroit mais partout à la fois. Qui peut se vanter de te posséder ? Tu n'appartiens à personne, intemporel au milieu des mortels.

Ô tome, ouvre encore tes feuilles pour m'accueillir encore une fois dans ton voyage...

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